Temps de lecture estimé : 7 minutes
Points clés à retenir
- Taillez entre février et mars, hors période de gel
- Distinguez figuier unifère et bifère avant de couper
- Coupez à 1 cm au-dessus d’un bourgeon, en biseau à 45°
- Reprenez un figuier ancien progressivement, sur plusieurs années
- Préservez les rameaux de l’an dernier sur un figuier bifère
Quand tailler un figuier
La meilleure période selon le climat
La question de quand tailler un figuier revient sans cesse dans les échanges avec mes clients. Concrètement, la fenêtre février à mars reste la plus citée par les sources de jardinage francophones pour la taille principale, à condition que le gel soit passé.
Dans mon expérience, ce repère vaut surtout pour les régions tempérées. En climat froid, je préfère décaler d’une bonne quinzaine de jours, le temps que les risques de gelée tardive s’éloignent vraiment.
Les périodes à éviter absolument
À noter : tailler en plein hiver expose les plaies de coupe au gel, ce qui favorise les chancres et ralentit la cicatrisation. À l’inverse, une taille trop tardive au printemps prive l’arbre de sève au moment où il en a le plus besoin pour repartir.
Voyons cela ensemble : l’automne n’est pas non plus le bon moment pour une taille sévère, car les plaies fraîches n’ont pas le temps de cicatriser avant les premiers froids.
La différence entre taille principale et taille légère d’été
La taille principale se fait en fin d’hiver et structure l’arbre pour l’année. La taille légère d’été, elle, ne concerne que le pincement des jeunes pousses trop vigoureuses, pour concentrer l’énergie sur les fruits en formation. Ce sont deux gestes différents, avec des objectifs différents.

Comprendre le type de figuier
Figuier unifère et logique de fructification
Un figuier unifère ne produit qu’une seule récolte par an, à l’automne, sur le bois de l’année en cours. En pratique, cela change tout dans la façon d’aborder la taille : on peut se permettre une coupe plus franche en fin d’hiver sans sacrifier la récolte suivante.
Figuier bifère et précautions spécifiques
Le figuier bifère donne deux récoltes : une première en juin-juillet sur le bois de l’année précédente, une seconde qui s’étale jusqu’aux gelées sur le bois de l’année en cours. Pour ma part, je fais toujours attention à ne pas supprimer les rameaux de l’an dernier sur un bifère, sous peine de perdre la première récolte.
Pour visualiser cette distinction sur le terrain, cette vidéo de La clé des champs détaille bien la logique de taille selon le type de figuier.
Pourquoi l’identification du type change la taille
Beaucoup de mes clients taillent sans savoir quel figuier ils ont chez eux, et c’est souvent là que les fruits disparaissent. Un simple repérage des figues en formation à l’automne suffit : si elles sont déjà là et minuscules, l’arbre est probablement bifère.
Préparer la taille
Les outils nécessaires
Un sécateur bien affûté suffit pour les rameaux fins. Pour les branches plus épaisses, je passe à la scie égoïne ou au coupe-branches. En pratique, un outil mal aiguisé écrase les fibres au lieu de trancher net, ce qui ralentit la cicatrisation.
Les règles de sécurité et d’hygiène
Le figuier produit un latex irritant au niveau des plaies de coupe. Je porte systématiquement des gants pour éviter les réactions cutanées. Côté hygiène, je désinfecte la lame à l’alcool entre deux arbres, surtout si l’un d’eux montre des signes de maladie.
Comment observer la structure de l’arbre avant de couper
Avant de sortir le sécateur, je fais toujours le tour de l’arbre. L’objectif est de repérer les branches qui se croisent, celles qui poussent vers l’intérieur et celles qui font de l’ombre au centre. Cette observation évite les coupes improvisées et donne une vraie logique à la taille.
Réaliser la taille d’entretien
Supprimer le bois mort, malade ou abîmé
C’est la première étape, et la plus simple : retirer tout ce qui est cassé, sec ou visiblement malade. À noter, ce geste seul ne suffit pas à faire une vraie taille. Beaucoup de guides s’arrêtent là, ce qui laisse l’arbre mal structuré.
Aérer le centre de l’arbre
Un centre trop dense empêche la lumière d’atteindre les fruits et favorise l’humidité stagnante. Je supprime donc les branches qui poussent vers l’intérieur, en gardant une silhouette ouverte en forme de coupe.
Raccourcir les rameaux trop longs et mal orientés
Pour les rameaux qui filent trop loin, je coupe environ un tiers de leur longueur, au niveau d’un troisième œil en partant de la base. La coupe se fait à 1 cm au-dessus d’un bourgeon, en biseau à 45°, pour que l’eau s’écoule et ne stagne pas sur la plaie.
Tailler selon l’âge du figuier
Jeune figuier et taille de formation
Sur un jeune sujet, je vise avant tout la charpente future : 3 à 4 branches principales bien réparties, sans surcharge. Une taille de formation trop timide donne un arbre déséquilibré des années plus tard.
Figuier adulte et taille de fructification
Sur un figuier adulte, une taille d’entretien tous les 2 à 3 ans suffit généralement. Concrètement, cela évite d’affaiblir l’arbre par des coupes trop fréquentes tout en gardant une silhouette maîtrisée.
Figuier ancien ou négligé et reprise progressive
Face à un figuier ancien laissé à l’abandon, la tentation est de tout couper d’un coup. Je déconseille cette approche : mieux vaut étaler la reprise sur deux ou trois ans. Sur les sujets très structurés, une taille forte peut descendre jusqu’à 50 cm du tronc ou du sol, mais uniquement sur une portion limitée de l’arbre à chaque saison.
Le figuier peut vivre jusqu’à 300 ans. Une reprise trop brutale sur un sujet ancien peut le fragiliser durablement, alors qu’un rajeunissement progressif le relance sans le mettre en danger.
Cas particuliers à connaître
Figuier en pot
En pot, l’espace racinaire limite naturellement la vigueur de l’arbre. Je me contente d’une taille légère chaque année, centrée sur l’aération et la suppression du bois mort, sans chercher à rajeunir en profondeur.
Figuier en climat froid
Dans les régions où le gel est fréquent, je décale la taille au plus tard possible avant le débourrement, une fois les risques de gel écartés. Un paillage au pied protège aussi les racines pendant l’hiver.
Taille après une forte croissance ou après gel
Après un hiver rigoureux, certaines branches gèlent et noircissent. Pour ma part, j’attends que le débourrement montre clairement les parties mortes avant de couper, plutôt que de tailler à l’aveugle dès la sortie de l’hiver.
Erreurs fréquentes à éviter
Tailler trop sévèrement au mauvais moment
Une coupe forte en hiver, sur un arbre encore fragile, ralentit la reprise et peut coûter une récolte entière. Cette erreur revient souvent chez les jardiniers pressés qui veulent tout régler en une seule session.
Couper sans tenir compte des bourgeons à fruits
Sur un figuier bifère en particulier, supprimer les rameaux de l’année précédente sans distinction élimine la première récolte. Avant de couper, je vérifie toujours la présence de petites figues en formation sur le bois ancien.
Négliger la cicatrisation et la lumière
Une coupe mal orientée ou trop proche du bourgeon empêche une cicatrisation propre. Pour aller plus loin, je rappelle aussi qu’un centre d’arbre trop fermé prive les fruits de lumière, même si la taille a été faite au bon moment.
Questions fréquentes
Quand tailler un figuier en climat doux ?
En climat doux, la période février-mars reste valable sans ajustement particulier, tant que les gelées tardives sont écartées dans la région concernée.
Faut-il tailler un figuier bifère différemment ?
Oui. Il faut préserver les rameaux de l’année précédente qui portent la première récolte, et ne concentrer la taille que sur le bois plus ancien ou abîmé.
Peut-on tailler un figuier en pot ?
Oui, avec une taille légère annuelle centrée sur l’aération et le bois mort, sans chercher à rajeunir fortement la structure.
Faut-il tailler un figuier après le gel ?
Il vaut mieux attendre le débourrement pour identifier clairement les branches mortes avant de couper, plutôt que d’intervenir immédiatement après un épisode de gel.



